Écologie intérieure – les stratégies du Vivant

 Écologie intérieure

 écologie intérieure

Dans les moments de changement, de doute, de questionnement,
nous pouvons utiliser notre créativité et notre rapport à la nature
pour mieux faire nos choix.

C’est une manière douce et efficace d’accompagner
certains moments de notre existence.

 

 

Les stratégies du Vivant

Transformer la peur de l’avenir en quelque chose de bénéfique

Transformation de soi et implication sociale

Les stratégies du Vivant

Retrouver l’élan vital et avoir prise sur sa vie

les stratégies du Vivant

 

Retrouver l’élan vital


Abandonner les « avantages » de notre système de destruction massive

Regagner notre pleine capacité d’être et d’agir

Comment le vivre ?

 

 

Adopter les stratégies du vivant
FLORISSANT, MULTIPLE, EN MOUVEMENT …
stratégie du Vivant - grèce
ESSAIMER comme le pissenlit, créer des RÉSEAUX comme le mycélium, RÉSISTER comme l’amarante.
Adopter de la forêt, la SOLIDARITÉ des biotopes ; de la vie du sol, le cycle de RÉGÉNÉRATION ; et de l’humus, l’AMOUR.

Quand je ne sais pas par quel bout prendre ce qui me fait peur ou me rend impuissante, quand je ne peux ni fuir ni me battre, pour retrouver la liberté intérieure et traverser ma peur, j’observe comment le Vivant se débrouille pour se régénérer et perdurer. J’y trouve souvent de quoi transformer et « faire ma part », comme dans l’histoire du colibri.

Transformer la peur de l’avenir en quelque chose de bénéfique

Que fait un animal sauvage face au danger ? Que faisons nous devant un danger comme celui de l’exploitation du gaz de schiste ?

transformer sa peur de l'avenir

L’animal peut se soumettre et nous aussi : « ils sont plus forts, on n’y peut rien, je vois pas comment nous en sortir ».

L’animal peut fuir et nous aussi : « Ils ne viendrons pas jusqu’ici, ici c’est vivable et le gaz sera moins cher ».

L’animal peut faire face au danger et nous aussi. Nous pouvons faire quelque chose pour protéger notre terre, notre eau et notre santé.

Tout en faisant face au danger, j’ai aussi besoin de transformer ma peur de l’avenir en quelque chose de bénéfique. Besoin de m’impliquer concrètement dans un changement positif : faire face au danger ET transformer la situation.

Jusqu’à présent, pour avoir de l’énergie facile et pas chère, on polluait l’autre bout de la planète. Maintenant nous savons que pour continuer avec les mêmes dépenses énergétiques il nous faudrait tout dévaster et que ça ne suffirait même pas. Nous pouvons attendre que nos gouvernements nous sacrifient, comme territoire d’exploitation, de gaz de schiste par exemple, ou continuer à nier que l’on sacrifie d’autres pays, en nous persuadant que nous n’avons pas le choix pour garder notre mode de vie actuel. Mais nous pouvons aussi dire «non», au gaz de schiste et «oui» pour s’organiser collectivement et localement pour être moins dépendants des énergies fossiles. Nous pouvons nous rendre capables d’encaisser les chocs de la crise énergétique sans nous effondrer – et même – en ressortant plus forts qu’avant, car nous aurons reconstruits notre vie quotidienne, notre économie locale et notre sécurité alimentaire locale. C’est un défi et c’est une chance. Celle de nous impliquer, ici et maintenant dans quelque chose de bon pour nous.

Le défi de nous organiser collectivement

Pour faire face à la crise énergétique, le défi est de reconstruire des territoires solidaires, résistants et peu dépendants des énergies fossiles. C’est aussi un art, un art de vivre,  une écologie intérieure, qui s’expérimente sous de multiples formes :
AMAP, co-voiturage, auto-construction, jardins partagés, collectif d’achat local, éducation sans violence, décisions au consensus, simplicité volontaire, décroissance, communication Non Violente, systèmes d’échanges local (SEL),  auto-construction, accouchement à la maison …  il ne tient qu’à nous de le construire près de chez nous et de nous organiser ensemble.

Transformation de soi et implication sociale

transformation de soi

J’utilise, dans mes recherches poétiques, les pratiques de la transe et les états de conscience élargie. J’ai pu me rendre compte qu’il y a des liens très imbriqués entre transformation de soi, langage symbolique et engagements sociaux-politiques.

La lecture de Starhawk et les exemples de luttes au Chiapas m’ont permis de mieux voir l’importance de cela pour l’émergence des processus collectifs de transformations sociales. Il est important de produire le langage symbolique de notre éthique et de notre vision du monde. Et ce pour éviter d’être intérieurement colonisé par l’imaginaire du système dominant qui nous dresse à nous sentir incapable d’avoir prise sur nos vies, la pantoufle écrasée sur l’accélérateur à défaut de trouver les freins.

Les mots de notre expérience

Les états de conscience élargie, ou transe, permettent de se connecter à ce qui est réellement important pour soi. On y retrouve souvent, connexion avec la nature et le Vivant, régénération de l’estime de soi et des autres, le tout avec la conscience d’avoir en soi une part indestructible et joyeuse.

Sur la base d’observation dans mon jardin et en forêt, j’ai utilisé le mot « humification » pour décrire ce phénomène de transformation et d’émancipation intérieures généré par la transe. L’humification est habituellement le processus au cours duquel un sol s’enrichit en humus par la transformation des matières organiques végétales fraîches. L’humus ainsi créé nourrissant alors le végétal dont il est issu. Une sorte d’écologie intérieure.

«Humification», pour décrire ce qui est à l’œuvre chez les humains, quand ils-elles se dessaisissent de leur égo, de leur masque social, de leur peur du ridicule, cette façon de tout lâcher, comme l’arbre lâche ses feuilles et d’accepter d’aller jusqu’au bout de soi, puis d’assister au processus de transformation et se trouver ainsi nourri-e par le processus même. Ce mot, témoin d’une expérience, explique un phénomène d’émancipation intérieure et génère une vision poétique : les humains ont l’humus dans les mains. Dans nos bras réside l’amour humus – l’amour nourricier – substrat de croissance pour notre espèce, tout comme l’humus est substrat de croissance pour l’arbre.

Les mots de nos besoins

Dans l’exploration des perceptions l’intuition est fertile, l’expérience ne se trompe pas. On ne cherche pas et pourtant on trouve. C’est une bonne façon de produire du sens en adéquation avec nos aspirations profondes car nous disqualifions souvent, pour des raisons de langage inadéquat, les savoirs, techniques et expériences qui permettent de nourrir et faire croître ensemble, vie sociale et vie de l’âme, transformation de soi et transformation sociale.

Un monde tout entier ici présent

La pratique des états de conscience élargie en groupe m’a montré que si nous n’avons pas toustes les mêmes visions ou croyances, notre extase est la même. Nous partageons la même extase car cette perception totale se situe en amont de la formulation. Comme nous ne décrivons pas le monde mais la perception que nous en avons, nos visions du monde sont différentes et elles influencent la structure de nos représentations et par là même nos choix de société.

Ce que je perçois est un monde tout entier ici présent. Être relié-e à l’énergie du Vivant c’est pour moi être infusé-e comme l’herbe aromatique dans le bol d’infusion. Pour l’herbe, l’infusion est sa substance, et en même temps elle est dedans, et en même temps c’est différent d’elle toute seule. De même pour moi. Le Vivant est ma substance et en même temps je suis dedans et en même temps c’est en moi, hors de moi et partout ailleurs. Quand je prends conscience de ça, je suis reliée-infusée, cela me remplit d’amour. Comme l’herbe épanche et diffuse sa saveur dans l’eau, quand je prends conscience que l’amour est ma substance, alors cela se répand en moi et je peux diffuser ma saveur en moi et alentour. C’est très bon ! Alors je ne sais pas ressentir l’énergie qui unit tout l’être comme «au dessus», «suprême» ou «transcendante» et cela a des conséquence dans ma vie car ce que nous sentons au dedans de nous, nous désirons le mettre en acte. Si une vision du monde ne se discute pas, les conséquences culturelles et sociales de ces visions – elles – se discutent.
Transe - poésie : vidéo poème Le four renversé et l'oxygène d'A.Strid

 

Créer les formes de notre vie collective

Dans un monde où nous percevons tout présent à égalité, l’intelligence est collective et nous en sommes toustes co-créateurs. Cette perception fait que les images prennent forme en réseaux et non pas sous forme pyramidale. Les relations et les circulations sont à l’image des mailles d’un filet, à l’image de la croissance du mycélium, de toiles d’araignée et non pas à l’image d’une arborescence hiérarchisée. Cette imagerie intérieure nous la mettons en acte en quittant l’adhésion à cette pyramide de pouvoir au sommet de laquelle un-e chef-fe a raison même s’il se trompe ou nuit au groupe. Nous n’avons plus le goût de suivre un leader comme un wagon suit sa locomotive.

Quand il n’y a pas de sommet ou plutôt qu’il y a de multiples sommets en mouvement, chacun-e peut faire autorité par ses savoirs-faire et ses savoirs-être. Les personnes leader deviennent alors comme le levain dans la pâte. Le levain ne court pas devant, ne décide pas. Il donne le meilleur de lui et participe à l’alchimie du pain. Dans l’image de la locomotive le but est prioritaire, la fin y justifie les moyens et le militant (ou le leader) fait du marketing, déterminé à convaincre. Dans l’image du levain c’est par le processus que la communauté devient mature. Elle construit son chemin pas à pas.

Régénérer notre imaginaire collectif

Je considère comme vitales l’émancipation intérieure, la reconnexion de nos engagements à la nature & au Vivant et la régénération de nos imaginaires. Comme les arbres nous fabriquons l’humus et l’oxygène de nos vie. En vivant nos rêves, nous regagnons notre pleine capacité d’être et d’agir.

Ce texte s’est aussi nourri de lectures et d’ami-es. Qu’ils/elles soient remercié-e-s.
Ressources utiles :
Boite à outils pour s’organiser ensemble à télécharger
« Micropolitique des groupes – Pour une écologie des pratiques collectives » de David Vercauteren.
télécharger Micropolitique des groupes
Initiatives de Transition réalisées en France : http://www.transitionfrance.fr/
sur Starhawk
note de lecture Françoise Héritier
Ami-e-s de S!lence
Passerelles Eco