FÉÉRIES ET PÉPITES
Méjarié & Pudivisse 2025

Pieds nus dans les fleurs j’infuse
Des martinets chassent en silence
La terre sent le chaud humide
Insectes à leurs affaires me laissent tranquille
Contentement du corps et des sens
Je me dépose – pause
Butinages affairés dans les corolles
Blanc, fuchsia à semis blanc, mauve, violet à liseré parme, jaune citron
Plus silencieux qu’un diptère, plus silencieux que les frondaisons frémissantes, un papillon brun, lavé de poudre turquoise, butine sur du parme. Les ailes ébréchées jointes, il pivote et patine, et s’en va de ses ailes usées.
Ici des jours sans travaux des jours. J’y vis avec ce qui permet de manger, dormir et être à l’abri. Cette chance là.
Double miroitement
Dans les feuilles du hêtre miroite Pudivisse, onde laiteuse sous les limbes. À la surface de Pudivisse, miroitent les feuilles du hêtre, à la fois reflet vert et vague d’ondes continues. En haut, une caresse lumineuse. En bas une toile en génération continue. On pourrait croire que des plantes aquatiques croissent là, ou que le dessous des limbes s’agitent. Mais les feuilles sont immobiles. Mais le lit du ruisseau est imberbe. J’aime ces peintures d’illusions sur les surfaces où jouent ensemble la lumière et le mouvement.
Une sieste de trois doigts
Voir les fééries et garder quelques pépites. Je reviens à ces plaisirs simples et fais dormir mes doigts dans l’eau.

Errer en forêt
L’errance m’est souvent nécessaire
Au dessus des friselis dans Pudivisse
Oscillation dans les graviers
Un temps pour décanter
Un temps pour que les eaux de la conscience se clarifient
Trouble et clarté dans le mouvement de l’eau
C’est la même danse





















