Archives des participations au wikini 2005-2007

"changer le cours de nos vies, changer le cours de nos pensées"

Ces pages ont été les vôtres

Expérience de vie, réflexion, coup de colère ou désir fou...
vous avez mis en ligne ici vos témoignages, manifestes, récits, textes critiques...

En voici des extraits ...

désir fou où ?

DEPASSAGE Louis

Cela me paraît sympathique ces brèves tirades ou ces longues pensées, un espace qui bouge dans un mouvement coulant. Mais tous les cours ne finissent pas par rejoindre la rivière qui se jette dans le fleuve et puis, ultime destin l'océan, immense dans sa capacité.

Mon père un homme sage disait " n'écoute pas les mots, entends tes désirs et plus haut ton instinct ".

Certainement avons nous perdu cet instinct, laminé par un système éducatif, des normes en oeillères, des murs de conceptions si hauts que chacun pense ne pas pouvoir, ne pas être capable de franchir ces obstacles sociaux.

Les rois ont besoin de "valets" il faut produire des valets, pas trop instruits, pas trop "cons" pour comprendre ce à quoi ils sont destinés.

Nager, nager dans le sens du courant est facile, peu fatiguant mais où va t-il ce courant?

Je ne suis pas totalement d'accord avec toi qui écris "On ne change pas, on est changé, transformé par le cours du temps. Le temps est acteur. C'est lui qui joue le premier rôle". Ou alors si, mais en ajoutant le facteur IGNOrance.

Par contre tu as raison nous ne sommes que des figurants, et puis il est un jour trop tard!

Ce qui est dramatique, l'acceptation par manque de croyances, par reconnaissance d'un seul et unique chemin, donc de destin, par lassitude et cupidité.

Crions à nos enfants la vérité des choses, que la beauté n'a pas que les visages proposés et que sont bonheur, le vrai sera celui qu'il aura compris, voulu, désiré.

Alors peut-être les longs fleuves cesseront de précipiter le monde dans des océans idiots et tellement immenses qu'ils font peur.

Titre

auteur, pseudonyme ou anonyme

On ne change pas, on est changé, transformé par le cours du temps. Le temps est acteur. C'est lui qui joue le premier rôle. Nous ne sommes que des figurants! Et

puis, un jour il est trop tard !

changer le (dis)cours

elle

bravo à toi qui, pour changer le cours, t'es amusé à changer le (dis)cours de ce sarkolà.

voici le lien à écouter sans modération il a évidemment toute sa place sur ce site.

http://onsfoudkilao.blog.sfr.fr/reggaetime/files/the_sarko_skanking.mp3

Marathonien de l'Espoir

Film documentaire sur et avec Charlie Bauer

Il y a 16 ans, Charlie Bauer écrit "Fractures d'une Vie", témoignage sans concession sur la machine à broyer pénitenciaire.

Aujourd'hui, il récidive avec une empreinte filmique radicale, à l'image de son combat quotidien contre toutes les injustices, tous les enfermements.

Outil de transmission, ce film est à mettre entre toutes les mains.

http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article395

J'ACCUSE

Texte de Charlie BAUER (Sociologue)

« J'aime les grands contempteurs car ils sont les flèches du désir vers l'autre rive » (Nietzsche)

Et c'est ainsi que ceux qui nous paraissent grands le sont parce que nous sommes à genoux.

Debout, hommes de la terre, devenez enfin ou encore ce que vous êtes : des hommes ! Essayons encore de nous parfaire homidiens entre nous, et non plus lupus de l'un à l'autre, comme il est dit et pratiqué dans cet espace planétaire pluriquotidien, où il est d'évidence que l'homme a autant de raisons d'être bon que son contraire, ne pratiquant souvent cette raison d'être qu'à contrario de l'Etre de raison qu'il conviendrait.

Pour évoquer la condition humaine autrement que par le truchement littérateur et même philosophique, pensez-vous que la sacro-sainte « Raison d'Etat » soit bien conforme à l'état de raison ?

L'impérativité étant dans l'accusation et partant, dans la revendication : J'accuse l'Etat prétendu garant de l'état de droit de faillir à ses devoirs, et les plus fondamentaux même, quand ce ne serait que ceux instruits par la Déclaration des Droits de l'homme, stipulant que nous sommes tous égaux devant la loi. J'accuse cet état de fait dont la responsabilité directe revient à l'Etat. J'accuse la politique étatique de n'être que ce qu'elle est, une oligarchie politicarde à des années lumière du sens « politis » du terme grec et dont la pratique serait au service de la cité.

J'accuse le Nationalisme érigé en Front commun de pensées, de comportement, et qui prône dans ses flatulences et rôts ponctuels, l'exclusion, la discrimination, la manipulation, la domination, l'exploitation , l'effraction des consciences, l'infraction du droit social, économique, civil, pénal... J'accuse cette même oligarchie de nous contraindre à la pensée unique et télécrate par induction de planification culturelle, sociale, économique, historique.

J'accuse la perversion phallocrate qui, depuis des millénaires, nous oblige dans la pornographie dominante des rapports homme-femme. J'accuse le poète qui prétend que la femme est l'avenir de l'homme alors que celui-ci ne conçoit que le seul rapport culaire avec la féminité de cet individu identifié au 3615 de tous les désirs fantasmatiques et culturels. J'accuse la femme dans son rapport prostitutionnel à l'homme. J'accuse la mondialisation qui va de Maastrich au Waterloo de toute intelligence sociale et humaine.

J'accuse ces manipulateurs intellocrates pontifiant par livre noir et bordant le lit de la Pensée Unique où se vautrent les certitudes conformes de la sénescente facilité.

J'accuse nos éducateurs d'être éducastreurs des forces vives de l'espoir et de sa pratique revendicatrice. J'accuse ce Dieu d'être patron et patrie, et ses apôtres patriotes. J'accuse ces Saints et patrons à ne pouvoir être ces seins nourriciers de la pensée humaine. J'accuse le désespoir, s'il n'est autrement perçu que comme la forme supérieure de la critique et qu'il convient d'appeler bonheur. J'accuse l'amour lorsqu'il est comptable d'une réciprocité, donc commerciale. J'accuse la haine si elle ne sait se concevoir de classe. J'accuse ces pédophiles politicards de baiser et tuer l'enfance en chacun de nous. J'accuse l'ignorance de se conforter dans la bonne conscience d'un Savoir, digéré par un pouvoir gargantuesque. J'accuse les optimistes s'ils ne savent être pessimistes des réalités existantes. J'accuse l'homme d'avoir fait du loup un chien et de l'homme son esclave. J'accuse cette aristocratie promue en Cour boursière d'être ce qu'elle n'est pas, aristocrate, et ce qu'elle est, assassine du genre humain. J'accuse l'homme d'être prédateur de toutes les espèces, végétales et animales, et de la sienne en particulier.

Je vous accuse en m'accusant d'être ce que nous sommes, mais critiques cependant, ce qui nous autorise à nous prétendre différents.

En vous espérant bonne accusation de ce vrac accusateur.

TRIBUNE OU TRIBUNAL ?

Xavier Thomas

Monsieur Bauer, quel pouvoir vous êtes vous procuré pour ainsi vous poser comme procureur ? Sans doute manquons-nous aujourd'hui de juges et de policiers, de délateurs et de gardes-chiourme pour que vous estimiez nécessaire de nous adresser votre florilège personnel de sentences ! Puis-je à l'occasion vous rappeler que l'auteur du "j'accuse" dont vous nous gratifiez d'un Nième plagiat n'avait d'autre but que de DÉFENDRE un homme injustement condamné ? Et vous même, qui (ou que) défendez-vous ?

Vous excusez la haine si elle sait se concevoir de classe. Quelle classe !?! Pour ma part, contre vos lieux communs je plaide le non-lieu, la relaxe et la remise en liberté de ce genre humain que ? semble-t-il ? vous n'aimez guère.

Réponse sur la rage de Charlie Bauer et son texte mis en ligne par une internaute

A. Strid

Charlie Bauer, dans ce "j'accuse", a des propos qu'on peut dire "misanthrope" : on le comprendra mieux si on sait qu'il a passé tellement d'années de sa vie en prison. Quartier de haute sécurité : ça plombe la confiance. Probable aussi que c'est cette rage en dedans qui l'a empêché de rester sur le carreau.

S'il accuse tout ce qu'on a laissé advenir de dégueulasse et d'injuste dans le fonctionnement de notre société, il s'accuse aussi... d'être humain peut-être ?

De la rage en dedans, de la rage au dehors, mais j'y ai pas senti du mépris pour les autres et en tout cas pas plus que celui qu'il pourrait s'adresser à lui-même.

Réponse sur les loups, les hommes et le texte de Charlie Bauer

A. Strid

La culture judéo chrétienne a beau essayer de nous persuader que "l'homme est un loup pour l'homme" et qu'on doit planquer partout - jusqu'en nous-mêmes - des flics et des censeurs pour réussir à être mieux humain, c'est de l'intox.

L'humain n'est pas plus un loup qu'un agneau pour son frère ou sa soeur. Pas de fatalité dans nos lois, mais des choix oui. Les règles : on se les ait faites, même si elles ont des millénaires, on peut les modifier. Tant qu'on a pas le revolver sur la tempe ou qu'on est pas enfermé, on a le choix de ne pas marcher dans la combine de la loi du plus fort.

Pot de terre cassé par pot de fer - oui, souvent. En revanche, le cerveau, attendons l'autopsie pour leur laisser.

On est très lents dans nos pays monothéistes, mais on a quand même réussi il y a plus d'un siècle, à comprendre que la coopération (ou l'association, ou l'entraide) est un facteur d'évolution pour le monde vivant (humanité comprise) - (cf Elisée Reclus entre autres)

Si on ne se souvient QUE de Darwin et de la compétition comme facteur de l'évolution... c'est qu'on le veut bien.

L'"agape" (l'amour de l'autre, l'empathie), n'est pas moins existant dans nos "lois naturelles" que la prédation de l'autre. Et quant aux lois imposées par les moins qu'humains et les pires que salauds, il serait profitable d'apprendre à y désobéir.

Très tranquillement - on a mieux à faire - un peu plus chaque jour, jusque dans nos fêtes et dans nos amours, on a nos vies à reconstruire.

Et puis, si on se torche avec leur domination à la con, ça finira bien par faire du compost...

FLEUVE

laurent poutrel

Je me souviens de cette scène dans "les raisins de la colère" de Steinbeck, ils sont dans le camion, repartis pour un nouvel exil, avec l'espoir d'un nouveau départ, et la mère parle, elle dit que les hommes sont comme des taureaux enfermés dans un coral, qu'ils doivent toujours détruire quelque chose pour avancer, à coups furieux, ignorant que la barrière qui les enferme est le plus souvent en eux-même. Elle dit aussi que la femme est différente, comme un fleuve, elle avance, s'amplifie de son histoire et de ses drames comme de ses amours, débordant son lit pour féconder la terre, inexorable et patiente.

Ton travail et ta pensée me semblent avancer ainsi, A strid, à la manière d'un fleuve.

Peut-être est il juste là, notre enfermement, dans cette victoire de l'individualisation que nous ont apportés les philosophes et la technique, qui s'est transformée aujourd'hui en piège du Moi. Peut-être juste se rappeler que nous sommes au Monde, un, oui, mais parmi et avec les autres.

Il y avait cet homme qui portait ce tee shirt où était écrit "J'aime l'Humanité, ce sont les hommes que je hais!"; Je lui ai dit que voilà, moi c'était exactement l'inverse;

Ne pas oublier à quel point c'est un petit nombre de gens qui empèchent de vivre la plupart des êtres, ça peut aussi rendre optimiste.

Amicalement

CONDITION HUMAINE MIXTE

A. Strid

Merci du compliment sur mon travail !

J'ai une remarque à propos de la citation concernant "Les raisins de la colère"

les hommes seraient "comme des taureaux enfermés dans un coral" "ils doivent toujours détruire quelque chose pour avancer" et LA femme serait "comme un fleuve ... elle avance, s'amplifie de son histoire et de ses drames comme de ses amours, débordant son lit pour féconder la terre, inexorable et patiente".

L'image poétique est belle mais elle est le fruit d'une immémoriale séparation sociale des rôles et des symboles. C'est si vieux que nous pensons plus ou moins inconsciemment avoir affaire à une loi naturelle, à un déterminisme biologique. Alors que le standard de la fertilité passive, endurante immanente et intériorisée de la femme, opposé à la créativité volontaire, brutale, transcendante et extériorisée de l'homme est une antique construction de l'apartheid entre hommes et femmes.

Les hommes et les femmes sont porteurs d'une condition humaine mixte mêmes si les normes sociales cherchent à castrer ce qui dépasse du carcan sexué de base.

Fleuves ou taureaux selon les circonstances et/ou le caractère.

hommes et femmes brut-ales/aux et patientEs

Bien d'accord avec toi sur le commentaire que tu fais sur les pièges du moi

Les pièges ne manquent pas sur l'autoroute des comportements sociaux...

les chemins de terre permettent la lenteur ... et les voies du comportement humain connaissent la polyphonie depuis les origines.

Ceux et celles, qui de la connaissance, ont conservé la multiplicité, n'ont pas toujours laissé de traces, mais j'espère que leurs chants se retrouvent aujourd'hui dans les miens ... dans les vôtres.

CPE - Le Monde se referme-t-il ?

par Collectif- source site infoKiosques

ça a le goût, ça a la couleur de textes contre le CPE, mais c'est bien plus que de l'anti-CPE... Un bon coup d'air frais dans les luttes actuelles.

"Toutes ces épines que l'on oublie à mesure que l'on délègue nos envies aux professionnels du renversement, au ventre de la majorité. Comment vivre ensemble nos singularités sans nourrir le sommet des pyramides, comment simplement vivre en commun, sans prolonger les frontières des isolements que nous fuyons ? Les alternatives, les possibles, les contre-mondes se diffusent et s'épaississent, ou recréent leurs normes à mesure qu?ils grossissent..."

http://www.ac.eu.org/spip.php?rubrique183

Ni CPE, Ni CIVIS, on veut vivre !

Source/auteur : AC!

A l'heure ou l'on va nous remplacer le CPE par un toilettage des mesures destinées aux jeunes les plus en difficultés et notamment le CIVIS, il est peut-être temps de se pencher sur ce dispositif qui est très proche d'un RMI au rabais, avec toutes les contraintes que ça implique.

http://www.ac.eu.org/

CONTRE LE POUVOIR D'ACHAT, POUR LE POUVOIR DE CRACHAT...

Les Subversifs au Quotidien

Ras le bol

V'la les prolos qui descendent dans la rue pour défendre les intérêts des capitalos...

Le pouvoir d'achat c'est la croissance, le moteur de l'économie. Sans croissance pas de profit, les profits c'est pour les patrons et les actionnaires; les mêmes qui licencient pour augmenter encore leur portefeuille. L'économie pour nous c'est le cran de ceinture en plus, et on lutte aujourd'hui pour le pouvoir d'achat... Quelle misère! On se prélasse dans la cagasse... En fait on aimerait bien avoir sa part, on en bave d'avance de ce pays où tout le monde est riche, bien nourri et bien portant, sillonnant la campagne au volant d'une belle ouature lustrée. Une grande surface brillante et lisse, vibrante d'une frénésie consommatrice aux rayons plein à craquer de produits alléchants. Nos cerveaux sont devenus disponibles devant ces écrans géants qui ont rempli notre espace de vie, on est prêt à y croire au mirage.

Ils l'ont bien compris qu'on avait laissé notre parole aux autres: politicard, syndicats, assos et orgas, on s'en remettrait presque à dieu pour espérer un au-delà plus radieux.

Ils l'ont bien compris qu'on était soumis, flippé pour nos économies, qu'on était prêt à tous les compromis pour honorer nos crédits. Ils nous enferment dans une prison sans barreau, une prison au grand air, une prison du pognon, suffocante et violente. Et pour ceux et celles qui ont refusé de courber l'échine, condamnéEs politiques ou de droit social, de vrais prisons grises les attendent, la gueule grande ouverte pour les écarter et les mater, si cela ne suffit pas les encagoulés viendront les bastonner, loin de nos regards détournés.

Quand les manifs ne sont plus gagnantes, il est temps de s'en prendre consciencieusement aux profits, de s'attaquer au portefeuille et pour une fois pas le notre, au moral arrogant, et détruire leur l'économie. Saboter le coeur léger, détourner sans compter, redistribuer généreusement et d'abord vers les plus démunis. Lutter pour une vie riche mais pas une vie de riche, une vie sans pognon, loin du salariat, solidaire et égalitaire pour nous, pour eux, ici et là bas... Ça semble une utopie?

N'est-il pas plus utopique de croire que le capitalisme va devenir généreux, respectueux de l'environnement, des êtres humain de cette planète, qu'il va partager...

si t'y crois, pince-toi !

Condamnation pour avoir relayé sur son site un témoignage relatif à des violences policières

Communiqué + appel à diffuser le texte ci-dessous

L'écrivain Jean-Michel Maulpoix, également professeur à l'Université de Nanterre et Président de la Maison des écrivains, vient d'être condamné par la Cour d'appel de Montpellier à 5000 euros d'amende et de frais de justice pour avoir relayé sur son site web personnel un témoignage relatif à des violences policières. Par la même décision, la Cour relaxe le poète Brice Petit, auteur de ce récit largement diffusé sur internet.

Il n'y a eu aucune instruction du dossier. Jean-Michel Maulpoix n'a jamais eu affaire à la justice. Il ne connaissait ni Brice Petit ni les personnes visées par ce texte.

Personne ne lui a jamais demandé le retrait de ce texte de son site, ni de la quinzaine d'autres qui l'ont également publié sans être inquiétés. Il a seulement accompli un geste de solidarité citoyenne sur internet.

Dans son texte Brice Petit reprochait aux agents de police de l'avoir brutalisé et mensongèrement accusé d'outrage. Il a été relaxé de l'accusation d'outrage par la même décision qui condamne Jean-Michel Maulpoix. Il a aussi été relaxé des poursuites engagées contre lui pour avoir affirmé que les policiers l'avaient brutalisé.

C'est donc qu'il disait la vérité et c'est donc la vérité que le texte publié sur internet dénonçait.

Mais Jean-Michel Maulpoix, simple internaute solidaire, a lui été condamné grâce aux règles procédurales de la diffamation qui lui interdisent de démontrer qu'il a dit la vérité et qu'il était de bonne foi. On lui a appliqué à la lettre une loi obsolète au bénéfice de policiers dont les mensonges et la brutalité ne sont pas démentis par la même décision de justice

Existe-t-il une liberté d'expression si elle ne protège pas une personne qui dit la vérité et est de bonne foi ?

Titre : A toi l'auteur

auteur : max@leverbal.org

Qu'est-ce qu'un livre d'auteur ? Une vie romancée, une expérience personnelle, un puzzle autobiographique ? Un peu plus sans aucun doute. Mais cette partie est-elle essentielle dans l'alchimie du livre ? Peut-on imaginer un livre d'auteur (appelons-le ainsi) qui ne se rapporterait en rien à la vie de l'auteur ? Un livre qui aurait en quelque sorte une dimension universelle, un livre que tout écrivain pourrait écrire, sans qu'il n'y ait besoin d'un quelconque bagage littéraire ou culturel spécifique pour sa réalisation. Un tel livre, si on y réfléchit bien, ne pourrait parler que d'une seule chose : lui-même. Penchons-nous d'un peu plus près sur ce problème : comment un livre peut-il ne parler que de lui-même ? Problème que rencontre tout être, tout objet, savoir que ce qu'il est est aussi constitué de ce que le monde voit, pense, écrit de lui. Dans le cas du livre, deux liens sont très particuliers : celui qu'il entretient d'abord avec l'auteur, puis avec le lecteur. Deux personnes sans lesquelles le livre ne serait rien, sinon une reliure de feuilles de papier noircies sans réelle signification autre que sa simple apparence, son aspect extérieur le plus sobre. Mais le livre ne cédera jamais tous ses secrets, ne donnera jamais qu'une idée approchée de ce qu'il représente, car sa matérialisation se répartit sur de nombreuses plages temporelles, et se définit dans le présent, l'avant et l'après étant une autre vérité. Mais jusqu'où le livre peut-il se raconter, exister et repousser le plus loin possible les barrières entre lui et le lecteur, la frontière entre la réalité et sa fiction ? Explorons tous les domaines que touche le livre, ce livre, dont le seul voyage est sa matière, et nous trouverons peut-être une réponse en chemin. Le pari semble plutôt incertain, il n'en est que plus tentant !