Poésie du Vivant – Contes et poèmes

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CONTES pour ici et maintenant

Le temps du pain

le temps du pain

Il était une fois, et ici aussi, il est quelquefois,
un temps où nous avions l’urgence au cœur et dans les veines, où nous avions un train dans la tête. « Vite ! Maint’nant ! Clique ici ! Monte dans l’train ! Signe là ! Pas l’temps, pas l’temps ! Tu réfléchiras après, une fois dans l’train ». Femmes et hommes de ce rythme là, quand notre cœur ne suivait pas, quand notre discernement sentait l’erreur, nous avions pour seul choix de descendre du train, regardant passer la file des wagons suivant leur leader. Dans la loco : seulement arriver à destination. Souvent seuls ou si peu, les leaders de la locomotive pestaient contre les wagons poussifs, les têtes en l’air, les dissidents, Ils pestaient même contre les cailloux, l’air tiède, l’eau vive, qui à la belle saison, distrayaient les wagons fourbus. Souvent, dans l’impuissance de pouvoir rattraper la locomotive, ou du moins, d’infléchir sa direction, des wagons déçus lâchaient tout et en restaient là…

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Le loup de nos coeurs

le loup de nos coeurs

Il était une fois – et ici aussi il est quelquefois,
un temps où humains, loups et arbres vivaient imbriqués les uns dans les autres. Le loup dans le cœur humain, les humains dans le bois de cœur des arbres.
Dans le cœur humain habitait donc un loup. Un loup aux pattes arc-en-terre et au front arc-en-ciel. Un jour que le loup rassemblait ses forces et se concentrait, de l’arc-en-ciel de son front naquit le blanc, de l’arc-en-terre de ses pattes naquit le noir. Et depuis il en est ainsi. En hiver, dans la prudence d’avant la germination, quand le tronc des feuillus imprime son écriture sur la neige, le loup se concentre en nos cœurs.

En blanc&noir, le loup est en attente de se déployer. C’est le temps de régénération, de préparation, de retrait, de sommeil, de protection par la cachette, de silence. Quand il déploie ses couleurs, c’est qu’il est prêt à fructifier. Multicolore, il fleurit, s’amplifie, il est extase, protection par le combat, palabres et fêtes…

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Humixte

conte : Humixte d'A. Strid

Il y a bien longtemps, au début de bien des histoires, les humains avaient trouvé commode de mettre un sexe au monde qu’ils habitaient. Puisque chez les humains, on constatait des mâles et des femelles, tout autant que des jours et des nuits, alors on avait tout classé en deux pôles.  On avait fait des listes interminables : dur-mou, sec-humide, chaud-froid, actif-passif, masculin-féminin, rapide-lent, fort-faible, clair-obscur, mobile-immobile, gagné-perdu … Ce qui était mâle n’était pas femelle et tout ce qui se présentait à l’esprit était rangé dans un camp ou dans l’autre.
Il y avait eu aussi pour ces lointains ancêtres la perception d’une injustice : les femmes, semblaient posséder seules le pouvoir de générer le même et le différent, le pouvoir de faire des filles et des garçons. Pour compenser cet avantage exorbitant…

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POÉSIE DU VIVANT

Vivre l’instant et en retenir une infime partie, quelques paillettes, que l’on retrouve au fond de sa paume.

Poèmes de solstice

Bras dessus bras dessousSavourer l’instant
Mousser la tête Infuser Diffuser Recommencer
Régénérer l’uséSe rassembler

Adopter les stratégies du Vivant

Quand je ne sais pas par quel bout prendre ce qui me fait peur ou me rend impuissante, quand je ne peux ni fuir ni me battre, pour retrouver la liberté intérieure et traverser ma peur, j’observe comment le Vivant se débrouille pour se régénerer et perdurer. J’y trouve souvent de quoi transformer et « faire ma part », comme dans l’histoire du colibri.

Adoptons les stratégies du Vivant : FLORISSANT, MULTIPLE, EN MOUVEMENT …

stratégie du Vivant - grèce

Comme pissenlit, mycélium, amarante, ESSAIMER, créer des RÉSEAUX, RÉSISTER aux destructions.
Adopter de la forêt, la SOLIDARITÉ des biotopes ; de la vie du sol, le cycle de RÉGÉNÉRATION ; et de l’humus, l’AMOUR.

Voir aussi sur ce sujet : Écologie intérieure.

Comment nait ce qui devient un poème

Un matin d’automne au jardin, la porte fumait au soleil. J’ai filmé cette porte dans le jour humide. Un oiseau y a laissé la trace de son envol. Dans le printemps finissant, à  l’abri d’un sous bois je fais cause commune avec l’arbre jusqu’à sentir la fraternité entre espèces. L’hiver venu, les deux instants s’assemblent pour fêter le solstice. Ainsi est né Chair d’arbre ci dessous.

 

poème chair d'arbre A. Strid